Le 8 septembre, le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’Administration a présenté l’état d’avancement de la feuille de route Maroc IA 2030 et plusieurs dispositifs censés traduire le passage de la vision nationale à la mise en œuvre.
Parmi les chantiers présentés figurent les infrastructures et centres de données, le cloud souverain, une Data Factory pour préparer les données, une Software Factory pour mutualiser des composants logiciels, des modèles linguistiques nationaux, une plateforme souveraine de solutions IA et plusieurs programmes de compétences.
Les objectifs affichés sont désormais associés à des programmes
La feuille de route fixe à l’horizon 2030 des objectifs de 100 milliards de dirhams de valeur ajoutée au PIB, 50 000 emplois directs et indirects et 200 000 talents formés ou certifiés. Il s’agit d’objectifs gouvernementaux, pas de résultats déjà atteints.
Le dispositif annoncé repose sur 3 piliers et 10 programmes couvrant notamment souveraineté et confiance, innovation et compétitivité, adoption, réglementation, infrastructures, capital humain, financement et mesure de la performance.
Les instituts JAZARI passent à une phase opérationnelle
Le même jour, 4 instituts JAZARI ont tenu leurs assemblées générales : JAZARI ROOT, JAZARI pour l’éducation et l’innovation technologique, JAZARI Industrie X.0 et JAZARI des smart cities. Le ministère présente cette étape comme le passage de la structuration institutionnelle à la mise en œuvre de leurs missions.
Pour une entreprise, ce mouvement compte davantage que l’annonce d’un nouvel acronyme : il peut progressivement créer des interlocuteurs, des programmes, des expérimentations et des besoins auxquels fournisseurs, startups, écoles et PME pourront se raccorder.
Ce que cela change pour une entreprise aujourd’hui
La plupart des entreprises n’ont pas encore une action immédiate à engager simplement parce que la feuille de route existe. Les conditions d’accès, appels à projets, financements et services disponibles dépendront des programmes et de leur calendrier.
En revanche, il devient pertinent de suivre les points d’entrée concrets : formations et certifications, infrastructures mutualisées, programmes JAZARI, besoins des administrations, appels à projets et partenariats liés aux données, au cloud ou aux solutions IA.
Ce que je préparerais avant les prochains dispositifs
Une PME peut déjà documenter ses usages IA, identifier les données qu’elle maîtrise réellement, choisir 1 ou 2 cas d’usage mesurables et désigner les personnes qui en répondent. Cela permet de distinguer un besoin réel d’une opportunité de financement ou d’accompagnement qui ne correspondrait pas au terrain.
Le sujet monte donc dans le Radar, mais reste à surveiller : l’exécution a commencé, alors que plusieurs modalités destinées directement aux entreprises restent encore à préciser ou à déployer.

